Remembering the mid-seventeenth-century English Revolution – CRECIB

Responsable :

Laurent Curelly (Mulhouse)

 

Atelier IV

Samedi 9, 9h-10h30

Salle V411

 

11h

Catherine Marshall

Sciences Po Saint-Germain-en-Laye

Les révolutions françaises vues par Edmund Burke et Walter Bagehot, ou De la supériorité de l’Angleterre sur la France

Les soubresauts de la Révolution de 1789, et celle de 1848 mais aussi le coup d’Etat de décembre 1851 ont respectivement inspiré Edmund Burke et Walter Bagehot. Le premier s’opposa vivement à la Révolution française de 1789, perçue comme une erreur qui mènerait la France à l’instabilité politique. Edmund Burke, alors même qu’il était un Old Whig, devint de façon paradoxale, le père du conservatisme moderne. Plus d’un demi-siècle après lui, mais dans la même veine, un autre penseur libéral anglais mais tout aussi respectueux des traditions, Walter Bagehot, vint parachever son projet. Chez Bagehot, comme il en fut pour Burke, naît la certitude que seule la stabilité politique – fruit d’années d’habitudes, lien puissant avec le passé – peut garantir l’évolution politique de la nation et son développement dans la liberté.

 

11h20

Laurent Curelly

Université de Haute Alsace – Mulhouse

Mémoire des Niveleurs dans la culture populaire britannique aujourd’hui

Pendant les Guerres civiles anglaises, les Niveleurs développèrent un programme politique novateur ; ils revendiquèrent notamment le principe de souveraineté populaire à la fois contre l’arbitraire monarchique et contre l’absolutisme parlementaire. Cette communication vise à étudier la façon dont la mémoire des Niveleurs est célébrée dans la culture populaire britannique contemporaine. Elle s’intéressera en particulier à la « Levellers’ Day », journée d’hommage aux soldats « martyrs » exécutés à Burford le 17 mai 1649, ainsi qu’aux chansons qui entretiennent le souvenir des Niveleurs. Par cette étude, on s’efforcera de comprendre comment une frange de la gauche britannique contemporaine s’approprie le mouvement Niveleur, construisant autour de lui une forme de « mythe des origines ».

 

11h40

Discussion

 

Remembering the mid-seventeenth-century English Revolution in the United Kingdom (18th-21st centuries)

The aim of this panel is to explore the legacy of the mid-seventeenth-century English Revolution in the United Kingdom from the 18th to the 21st centuries. Not so long ago, Whig historians ignored this “inglorious” revolution and celebrated the Revolution of 1688 instead as a watershed in the history of British democracy. On the occasion of the bicentenary of the French Revolution, Margaret Thatcher and Christopher Hill argued about the legacy of the Revolution of the 1688; while Thatcher praised “our quiet revolution of 1688-89” the Marxist historian insisted that “‘our calm revolution of 1688’ would have been impossible without the earlier turmoil of civil war and military dictatorship”. Revisionist historians deny that there is a revolutionary dimension to the events that led to the execution of King Charles I and the establishment of a short-lived republic. During the general election campaign of 2001, Labour MP Tony Benn contributed a piece to The Guardian in which he defended the heritage of the revolutionary 1640s and 1650s, notably that of two radical sects that emerged in those years – the Levellers and the Diggers. The Brighton rock band The Levellers, founded in 1988, was named after the Levellers of the 1640s. Celebrations take place at Burford every year in remembrance of those radical activists who were targeted by government repression in May 1649. The Society of King Charles the Martyr, founded in 1894, commemorates “the Martyr’s sacrifice” and promotes Catholic Anglicanism.

The (re)appropriation of the mid-seventeenth-century revolution by subsequent centuries may be discussed in a variety of ways, including but by no means limited to:

– its legacy in political discourse;

– its survival in debates outside the political sphere;

– its representations in art and popular culture;

– its transmission through the publication and edition of texts originally published in the 1640s-1650s.

 

Please send your proposals for a twenty-minute paper along with a short biographical note by January 10, 2018 to Laurent Curelly (Université de Haute Alsace, Mulhouse)

 

Mémoire(s) de la Révolution anglaise du milieu du dix-septième siècle au Royaume-Uni (XVIIIe – XXIe siècles)

L’objectif de cet atelier est de réfléchir aux survivances de la révolution anglaise du milieu du dix-septième siècle, que l’historiographie whig éclipsa largement au profit de la révolution de 1688, perçue comme la première étape de la tradition démocratique britannique. Les célébrations du bicentenaire de la Révolution française de 1789 donnèrent lieu à une passe d’armes entre Margaret Thatcher qui vanta les mérites de « notre révolution tranquille de 1688-89 », épinglant dans le même temps la Révolution française, et l’historien d’obédience marxiste Christopher Hill qui lui opposa que, sans la révolution du milieu du dix-septième siècle, la Révolution dite Glorieuse n’aurait pu se produire. Les historiens « révisionnistes » contestent la nature révolutionnaire des événements qui menèrent à l’exécution de Charles Ier et à la mise en place d’une république, laquelle fit long feu. Pendant la campagne électorale de 2001, le député travailliste Tony Benn revendiqua, dans une contribution au Guardian, l’héritage des événements des années 1640-1660, en particulier celui des Levellers et des Diggers, deux sectes radicales qui émergèrent à la faveur de la tourmente révolutionnaire. Les Levellers, dont la mémoire est célébrée tous les ans à Burford en hommage à la répression dont ils furent victimes en mai 1649, donnèrent leur nom à un groupe de musique pop, fondé à Brighton en 1988. La mémoire de Charles Ier fut ravivée par The Society of King Charles the Martyr, fondée en 1894 afin de commémorer le « sacrifice du roi martyr » et de promouvoir la tradition anglicano-catholique à l’intérieur de l’Église anglicane.

Les contributeurs à cet atelier sont invités à étudier la manière dont les siècles suivants s’approprièrent la révolution du milieu du dix-septième siècle. On pourra s’intéresser aux manifestations de cette (ré)appropriation mémorielle :

– dans le discours politique

– à l’occasion de débats en dehors du champ purement politique

– dans l’art et la culture populaire

– par la publication et la réédition de textes des années révolutionnaires.

Les propositions de communication, assorties d’une brève notice biographique, devront être envoyées avant le 10 janvier à Laurent Curelly (Université de Haute Alsace, Mulhouse).